dimanche 30 décembre 2007
Josette Spiaggia a présenté ses nouvelles oeuvres au caveau
C'est au caveau des vignerons, l'espace commercial de la coopérative, que Josette Spiaggia présente ses derniers travaux. En l'occurence des céramiques et des sérigraphies.
Si les oeuvres en céramique sont des nouveautés, la pratique n'est pas nouvelle pour l'artiste qui en a appris l'art avec un professeur iranien aux Beaux-Arts d'Alger. Mais son retour à cette matière ne s'est pas fait par hasard : "Je rénove une ancienne maison en Bourgogne et j'y ai retrouvé de très anciens carrelages. Je les ai utilisés pour faire des céramiques pour ma plaque d'entrée car c'est un matériau qui reste solide dans toutes les conditions".
Cette technique l'intéresse d'autant plus que les panneaux de céramique sont pour elle "une porte ouverte sur des oeuvres de grande dimension à l'extérieur." Pour une artiste qui aime réaliser des fresques, cela constitue une opportunité qui lui permettra de donner libre cours à son inspiration. Au caveau des Vignerons, point de grands formats en céramique mais une série d'assiettes aux motifs de chevaux peints à main levée. Et un ensemble de carrelage, toujours sur le thème des chevaux, qui préfigure ce que pourront être ses grands formats.
En même temps, Josette Spiaggia présente des oeuvres sur toile. En fait, il s'agit de six peintures prototypes, reproductions de ses oeuvres, soit une toile orientaliste et cinq portraits de chevaux. Pour cela elle a utilisé la technique de la sérigraphie, avec l'aide de deux amis : un photographe d'art qui a réalisé les clichés des tableaux puis les a retouchés pour retrouver les tendances de couleurs, et un sérigraphe, Maurice Ribes, qui en a fait des tirages sur toile. Cette technique, selon Josette Spiaggia, permettra de "mettre mes oeuvres à disposition du public à des prix moindres".
De fait les toiles qui sont proposées au public sont de très belle facture, présentant des nuances de couleurs différentes du modèle original. Céramiques ou toiles, ces nouvelles productions satisferont les amateurs qui retrouveront la patte de l'artiste. Une artiste qui travaille très vite car, pour elle, le temps est trop court pour faire tout ce qu'elle souhaite.
mercredi 10 octobre 2007
Il aimait les chevaux
Qu'est-ce qui a poussé Josette Spiaggia, 68 ans, avant tout peintre d'extérieur dans le sud de la France, à rénover une ancienne bâtisse de Venère ? "Mon mari Jean-Paul Robardet était l'héritier de cette maison. A sa disparition, j'ai dû gérer ce bien, de loin, avec beaucoup de difficultés. Au bout de dix ans, ces lieux étaient devenus un véritable dépotoir..." Et cela, l'artiste ne pouvait le supporter. Tant cette maison était liée à son époux.
Le hasard fait bien les choises. Car il y a trois ans, un féru d'histoire du village l'a contactée. Il s'avérait que la bâtisse était la plus ancienne du bourg, après le château. "Avec sa silhouette de tour fortifiée et son escalier extérieur d'époque, elle remonte probablement au XVIè siècle".
Celui qu'elle appelle son "bienfaiteur" lui trouve alors des artisans de qualité, capables de restaurer la demeure. Et voilà la restauration lancée. Une réalisation qui tenait très à coeur à Josette Spiaggia puisqu'elle a découvert cette "tour" en 1960, lorsqu'elle était jeune mariée.
"J'ai fait les choix d'agencement et de décoration, désireuse que le reflet du couple atypique que nous formions avec mon mari se projette sur l'ensemble de cette demeure".
L'artiste est née à Alger où elle a grandi et étudié aux Beaux-Arts la céramrique, la peinture, la sculpture et l'art-déco. Elle est d'origine latine par sa mère (espagnole et maltaise) et son père (sicilien et vénitien).
Quand elle a rencontré son futur mari, il était officier dans un groupe monté nomade, dans le sud de l'Algérie. "Il aimait les chevaux. C'est pour lui que j'ai fait la fresque à l'italienne sur la façade de la maison".
Le caveau existant est en attente de restauration. Josette Spiaggia envisage d'en faire un atelier d'exposition ouvert aux ouevres d'artistes du sud désireux d'exposer en compagnie de ses propres réalisations.
Les personnes passionnées d'art et de culture qui peuvent l'aider à réaliser ce projet peuvent la contacter au 06.11.55.20.14
Site : www.art-spiaggia.net
samedi 29 avril 1995
Une femme garde l'Armée d'Afrique en mouvement
Le passé colonial français, étouffé par certains, magnifié par d'autres, est finalement fort peu illustré. Une artiste peintre, Josette Spiaggia, née à Alger, a choisi d'en glorifier une partie, entre déchirure et vrai talent.
Déchirure parce que Josette, comme ses compatriotes "Pieds-noirs", a dû se décider en 1962 à abandonner sa terre natale.
Déchirure aussi, parce qu'elle a de grandes difficultés à faire accepter et reconnaître son style, qualifié de "Peinture de l'Armée d'Afrique et orientalisme civil".
Talent certain, parce que délaissant la trop pâle rigueur militaire elle peint des uniformes chamarés, des hommes pleins de caractère, sur des destriers arabes ou des chameaux écumants qui évoluent sous des ciels bleus immenses, au milieu d'un mélange de poussière et de lumière.
Plus doux, mais tout aussi pleins de senteurs, des tableaux de femmes couleur miel, ou de monuments tout empreints de l'influence turque, égrennent leur nostalgie de moments trop fugaces.
Le souvenir au bout des pinceaux
Ce n'est pas le prestige de l'uniforme que l'on ironise devoir marquer les femmes qui traça la voie de Josette, mais bien celui des hommes qui le portaient. La petite fille qu'elle était lors de la première guerre mondiale se souvient avoir ouvert les yeux sur le monde face à des soldats. Français ou même américains, ils l'ont marquée à jamais car c'est d'eux que venaient les bonbons, les jouets, l'affection.
"A eux nous tendions les bras, alors que dans les abris, les civils nous marchaient dessus sans ménagements". L'armée continuera d'assurer la protection de Josette lorsque, toute jeune institutrice, de 58 à 62, elle enseignera dans des postes isolés où l'armée rassemblait des rapatriés.
Des classes nombreuses, mais un vrai contact avec la population, la terre et la force de l'Algérie. C'est là que l'artiste a emmagasiné tout ce qui aujourd'hui est l'inspiration de l'habitante du Mas du Félibre, à Saint-Gilles.
Forte de ses capacités artistiques développées dès 11 ans à l'école nationale des Beaux-Arts d'Alger, sous la houlette de maîtres issus de la prestigieuse Villa Abd El Tif (l'équivalent du Prix de Rome), celle qui fait déjà reconnaître son talent à 13 ans avec un premier prix de dessin, va couvrir de croquis de nombreux carnets.
A cette époque, elle n'a pas beaucoup de moyens et se déplace en permanence sur le terrain.
L'huile ne lui convenant pas par tempérament (passionnée et pressée quand elle peint, elle trouve que les couleurs ne sèchent pas assez rapidement), elle développera donc ses capacités par l'acrylique et les pastels.
Arrivée en France, militant au sein de nombreuses associations de rapatriés, elle n'en oubliera pas pour autant "ces moments authentiques, cette dynamique orientale, militaire et coloniale apportée par tant d'hommes et de femmes qui ont tout donné et tout perdu, parce qu'ils y croyaient..".
Elle, se souvient toujours, et laisse à ses pinceaux le soin de transformer son souvenir en allégorie.
mardi 11 août 1992
Josette Spiaggia a l'heure espagnole
Nous ne lui connaissions pas encore ce côté burlesque et caricatural, qu'elle a toujours eu et qu'elle détient en réserve. De vieille famille valencienne, cette artiste peut s'exprimer à fond sur l'Espagne, où elle expose parfois.
Rappelons que cette artiste recevait personnellement en janvier 1987 le président des futurus Jeux Olympiques de Barcelone, le Prince Alphonse de Bourbon, pour une visite culturelle de Saint-Gilles, alors que ce dernier était venu dans notre région pour déterminer les futurs emplacements d'entraînements des sportifs olympiques de 1992.
dimanche 21 juin 1992
Arts et culture militaire
Compliments à ce peintre, qui a obtenu un premier prix et la médaille d'or, pour un pastel "bien de chez nous" puisque ce tableau est intitulé : "Guilhaume Laforêt, le félibre y a rêvé". Tableau qui représente un paysage de notre belle région et fait allusion au poète provençal Guilhaume Laforêt, né à Saint-Gilles et disciple de Frédéric Mistral. Rappelons que Josette Robardet-Spiaggia expose ses oeuvres depuis trois ans à Paris au salon national des peintres de l'armée à l'Hôtel des Invalides.
dimanche 15 décembre 1991
Josette Spiaggia à l'hôtel des Invalides
Il faut se souvenir que le cercle des peintres de l'armée a été créé par Louis XIV qui désirait que des artistes sélectionnés et de haut niveau perpétuent, par des oeuvres à caractère militaire, le souvenir des événements marquants de l'armée française et de ses glorieuses épopées.
Ce cercle très fermé n'est accessible qu'à des peintres en renom et qui sont encore aujourd'hui soigneusement dsélectionnés. Cette année à nouveau et comme l'an dernier, le peintre gardois Josette Robardet-Spiaggia de Saint-Gilles a eu l'honneur d'être sélectionnée pour participer à ce grand événement culturel et militaire. Une de des oeuvres a été particulièrement remarquée et figure au palmarès : portrait d'un officier de Spahis.
Pour situer le niveau de ce salon, rappelons que Edouard Detaille a figuré sur la liste de ces prestigieux peintres de l'armée.
vendredi 11 octobre 1991
Spiaggia, femme et percutante
Centre d'intérêt incontestable de cette anthologie, l'oeuvre opulente, sensuelle et percutante de Josette Spiaggia, femme de caractère et d'action, présidente-fondatrice de "C'est nous les Africains" (qui est un groupe "Traditions de l'Armée d'Afrique"). Cette talentueuse artiste a une passion militaire viscérale (cela ne lui vaut pas que des amis, chez les civils comme chez les militaires).
A voir, mais ce n'est pas du folklore, voyez sa série "Venizia" et ce magnifique portrait du Brésilien de Bahia Aloisio de Bocadario.
Les compagnons et compagnes de cimaise de Josette ne déméritent pas non plus : une imagerie populaire de très bon aloi, qu'elle soit peinte ou travaillée dans les matériaux.
Le long couloir offre en un nombre impressionnant de cartes postales (nb et couleur) le Musée imaginaire, rigoureux et nostalgique, de la présence française en Algérie.
Nul doute que tout ce week-end le coeur battra fort devant ces panneaux et qu'il faudra retenir plus d'une larme. Mémoire et émotion, c'est par là que passe la culture et le maillon de la transmission aux jeunes générations, qu'elles soient d'un côté ou de l'autre de la Méditerranée, également avides de savoir.
A l'issue de ce périple dans une Algérie passée et reconstituée au sein du Palais des Congrès, un vin d'honneur devrait être servi.
